Interview de Samuel Boulesteix (Lucky Luke Bronze)

 

: Lucky Luke a été maintes fois transposé en 3D. En quoi ta sculpture porte-t-elle la patte « Boulesteix » ?

 

: Si la patte Boulesteix consiste à se remettre souvent en question, alors oui ; ce Lucky luke en porte définitivement la marque !

 

: En plus 2016 marque les 70 ans du personnage avec plusieurs sorties de statuettes. En quoi ta création se démarque-t-elle des autres ?

 

: Outre le fait qu'elle est d'aspect bronze, je pense qu'elle se distingue par son allure plus "statuaire"  que figurine. Elle mesure 72 cm. j'ai eu la volonté de lui insuffler des touches de réalisme comme Morris en faisait parfois lorsqu'il dessinait Lucky Luke en gros plan. Ce parti pris n'était pas prévu au départ car je croyais devoir l'aborder de façon synthétique pour vraiment coller au style de Morris. Mais grâce à l'aide de Christophe Coronas et de Maxime Brunel qui avaient tous deux une profonde connaissance du style de Morris, j'ai finalement opté pour un style plus fondé sur des références au réel, anatomiques comme vestimentaires ; ce qui au final lui donne ce petit côté "réalité augmentée".

 

: Entre la première version en argile et la version plâtre, ton Lucky Luke a beaucoup évolué. A quoi sont dues ces modifications ?

: C'est qu'il s'est passé du temps et beaucoup de réflexion entre l'argile du premier jet et la toute dernière version du plâtre. Entre autre "chirurgie plastique", notre héros a subi un périlleux rallongement de ses cuisses, accompagné d'un réépaississement de l'ensemble des jambes, puis il a subi un étirement du bassin et aussi du cou. Ce qui déjà a eu pour effet de le rendre plus svelte.

 

Il y a eu l'expression de sa bouche aussi qui m'a valu pas mal d'aller et retour. Et quand enfin la pose et les propositions furent meilleures, je me suis attaqué à la véracité de ses accessoires en m'appuyant sur de véritables costumes et accessoires d'époque.

 

: Au final pourquoi y a-t-il eu plusieurs essais de patines, pourquoi ces hésitations ?

La patine dite "brune" l'a remporté, et je pense que c'est un bon choix car elle joue avec les reflets métalliques dans une gamme de bruns qui est raccord avec les sculptures du Far West telles qu'on se les fantasme. Ma tentative en"polychromie" jouait plus sur la référence au code couleur ; ce qui au final est moins intérressant que ce que véhicule l'histoire du bronze lui-même.

: Selon toi, qu’apporte la patine qui a été retenue par rapport aux autres ?

 

La patine dite "brune" joue avec les reflets métalliques tandis que la patine dite "polychrome" joue plus sur de la référence au code couleur. Il est essentiel de comprendre qu'une couleur patinée, est une couleur résiduelle. Toute bonne patine se joue de notre mémoire et recompose le connu, elle l'interprète artistiquement pour nous pousser à sentir le frisson de l'oeuvre du temps.

: A quel moment se dessine l’idée de la patine finale ? Sur quels critères ?

 

: C'est uniquement en faisant qu'on trouve car c'est dans la main que ça avance. Les choses s'enclenchent petit à petit, pendant un temps on navigue à vue, et puis à un moment on sent qu'un point d'équilibre arrive, on ralenti,  et toc ! C'est le moment de s'arrêter et de valider.

 

: Des envies de sculpture pour les prochaines pièces avec éo ?

 

Ma foi plein oui ! 

À commencer par deux challenges très différents que je compte pourtant sculpter simultanément : Spirou et Undertaker...

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